le courant impressionniste de Barbizon

Au Salon de Paris de 1791, un peintre, Lazare Bruandet, présente plusieurs paysages, dont Une vue prise dans la forêt de Fontainebleau1.

Le premier à se rendre régulièrement de ce côté de la forêt de Fontainebleau fut sans aucun doute Camille Corot qui explore ce lieu dès 18222. À la différence des peintres qui y venaient pour s’exercer à représenter des arbres3, il est à la recherche du paysage le plus vrai qu’il veut représenter sans fioritures ni maniérisme : à quelques kilomètres de Paris, cette forêt offre au peintre une sorte de nature sauvage en réduction, loin de l’urbanisme étouffant de la capitale. Le Salon de Paris de 1824 marque un tournant car y sont exposés les maîtres anglais du paysage, tels que John Constable. Par la suite, l’invention du tube de gouache en 1841, l’ouverture d’une ligne de chemin de fer en 1849, sont autant de facteurs qui accélèrent le processus : de plus en plus de peintres vont à Barbizon, à Chailly-en-Bière, à Bourron-Marlotte, au point que la mode est lancée, qu’on les appelle les « plein-airistes », que la presse s’en amuse sous la forme de caricatures, montrant des dizaines de peintres massés devant leurs chevalets, chacun sous un parapluie (L’Illustration). Cette affluence et l’arrivée du train provoquent bien entendu l’ouverture de nombreuses infrastructures : restaurants, hôtels, épiceries, permettent aux peintres de séjourner plus longuement2.

Le terme d’« école » est, depuis au moins les années 1950, remis en cause par les historiens de l’art qui contestent l’idée qu’il y aurait eu une « école » à Barbizon : on a ici plus affaire à un ensemble de peintres aux styles très différents, qui, à des époques très diverses, ont trouvé une source d’inspiration dans la forêt de Fontainebleau. L’appellation « école de Barbizon », forgée en 1891 par un critique d’art britannique, David Croal Thomson (1855-1930)4, de manière artificielle puisque jamais ces peintres ne se revendiquèrent d’une quelconque école, tient son nom de ce village situé en lisière de la forêt de Fontainebleau (Seine-et-Marne), autour duquel de nombreux artistes affluèrent pendant près de cinquante ans, entre 1825 et 18752. Thomson était le directeur de la filiale de Goupil à Londres, une entreprise leader dans le monde du commerce de l’estampe, notamment paysagière5.

Liste des peintres rattachés à l’École de Barbizon

Carrières dans la forêt de Fontainebleau (1833) par Caruelle d’Aligny.

Auguste RenoirLe Cabaret de la Mère Antony (1866, StockholmNationalmuseum) représente un établissement connu des peintres allant à Marlotte6,7.

Décor peint de la salle Henri Labrouste (BNF site Richelieu) exécuté en 1861 par Alexandre Desgoffe : arbres chers à Labrouste, en familier de Fontainebleau où il est mort.

Les pionniers qui explorèrent ces lieux furent Jean-Baptiste Camille Corot (1822), Théodore Caruelle d’AlignyAlexandre Desgoffe qui, lui, est allé peindre à Barbizon avant 1830, Narcisse Diaz de la Peña (1836), Lazare Bruandet, puis Charles-François Daubigny (1843), Jean-François Millet (1849) et Théodore Rousseau, qui sont également considérés comme des précurseurs. Gustave Courbet semble y séjourner dès 1841 mais plus sûrement en 1849, et ensuite jusqu’en 18612. Au début des années 1850 Antoine-Louis Barye fréquente Barbizon et finit par s’y installer, il y côtoie les peintres et réalise de nombreuses huiles et aquarelle

2021-01-14T12:27:40+01:0014 janvier 2021|Non classé|